vendredi 26 juin 2009

Le PPE fait du chantage au PSE mais apparemment ça n’intéresse pas les journalistes

A une conférence de presse mercredi, le leader du groupe PPE au Parlement européen, Joseph Daul, a dit que son groupe était ouvert à tout type d’alliance en ce qui concerne la présidence partagée du Parlement européen. Daul a ajouté que –bien sûr- cet accord ne se ferait qu’avec les personnes qui soutiendront la réélection de Barroso à la tête de la Commission lors de la première session plénière du Parlement le 15 juillet. Mais quel est le rapport exactement? A la différence de Daul, à moi ça ne me semble pas du tout évident. Pourtant, les journalistes dans la salle n’ont pas posé cette question. C’est une habile manoeuvre tactique de la part du PPE. Soit les Socialistes acceptent les termes de l’accord au risque de perdre en clarté politique et de fomenter des divisions au sein de leur groupe, soit ils refusent et se retrouvent donc à l’écart de l’influence que donne la présidence du Parlement. Très habile. Bien que cette déclaration soit une véritable bombe politique, les principaux medias européens ne l’ont pas rapportée. Seul Europolitique a écrit un article dessus, et encore, il est payant. Je n’ai rien vu à ce sujet sur Twitter non plus. Vraiment bizarre. Daul a ajouté que les négociations entre les groupes politiques sur l’accord technique auraient lieu à partir de la semaine prochaine. Voyons voir ce qu’il se passera donc.

Mise à jour le 27 juin:

Eurojunkie m’informe qu’il y a trouvé deux articles qui relatent vaguement les déclarations de Joseph Daul : un sur France2.fr, l'autre sur 7sur7.be.

Puis sur Twitter, le journaliste LB2S nous demande de ne pas mettre tous les journalistes dans le même paquet car tous ne se désintéressent pas du sujet. Soit. Eurojunkie et moi lui lançons alors un challenge : "Chiche que tu trouves des articles sur Daul dans la presse française ?"

Résultat : un article sur le site de France 2 plus deux autres dans la presse quotidienne régionale (site de France 3 plus Dernières nouvelles d’Alsace, Daul étant alsacien ça se comprend). Franchement léger sachant que l’homme est président du groupe PPE au parlement européen depuis deux ans et demi et qu’il vient de se faire réélire.

Par contre, j’ai été contente de voir que l’euroblogosphère s’est emparée du sujet. Comme quoi, il y avait bien un public pour cette information ! Voir les articles (en anglais, désolée) de Jon Worth : "Schizophrenic socialists and poker playing conservatives" et de The European Citizen “PASD Strategy: Opposition or Office?” Les deux blogueurs vont dans le même sens. Mieux vaut que le groupe APSD refuse les termes du PPE, quitte à se positionner clairement comme le groupe de l'opposition.

Mise à jour le 28 juin:

Quatremer vient d'écrire un article à ce sujet: Barroso II : le double jeu socialiste. Apparemment Martin Schulz, le leader des socialistes au Parlement européen, serait prêt à accepter le deal proposé par le PPE. C'est bien regrettable.

2 commentaires:

Kévin a dit…

Justement, ce manque de réaction est intéressant. Le fait que personne ne se demande si la présidence du PE doit être déconnecté du soutien politique à Barroso me conforte dans l'idée qu'il faut refuser ces accords techniques et assumer jusqu'au bout notre rôle de principal parti d'opposition. EN fait Daul conforte le sens de l'appel www.pes-ambition.eu . Qu'en penses tu?

eurosocialiste a dit…

Je suis tout à fait d'accord avec l'esprit de l'appel Kévin, d'ailleurs tu verras que d'autre eurobloggers qui ont repris cet article vont dans le même sens (voir mise à jour ci-dessus. D'une manière générale, je pense que ce sentiment est assez répandu chez les militants PSE. Par contre, je ne suis pas fan du mot décomplexé? Je ne comprends pas trop ce que ça veut dire dans ce contexte. Je n'ai pas l'impression que nous soyons complexés de quoi que ce soit.